La danseuse - collection privée - huile sur toile - Quand on a aimé...
Quand on a aimé au moins une fois,
eu le coeur blessé, l'esprit asservi,
Le corps torturé, l'âme sans envie,
On ne voit le monde plus comme autrefois.
Quand on a aimé au moins une fois,
On est plus soucieux de compréhension
Et moins désireux par obligation
De faire d'autres coeurs qui ressemblent à soi.
Quand on a aimé au moins une fois,
Qu'on est malheureux d'être abandonné,
On se sait toujours ce besoin inné
Qui complotera pour un autre roi.
Amours passées ...
Amours passées, guérisons subtiles,
Où notre entendement
Dans cette confusion fébrile,
Ingénieusement,
Peut-il appréhender,
Asmodée ?
Naître,
Vivre,
Guérir,
Mourir ;
Dieu régit,
Naturellement,
L'homme réagit,
Obstinément !
Voilà notre expérience,
Un lourd chaos vidé
Du poids de notre science,
Qui voulait décider,
qui a laissé la place,
Dans un mouchoir,
A cette dédicace,
De la mémoire.

femme au chapeau - collection privée
Regardes ce que je suis...
Regardes ce que je suis ;
C'est toujours au travers des autres
Que transperce son âme.
Seul, nulle réflexion, nulle réflexion,
Seul, l'océan nous engouffre,
Irrésistiblement peuplé
De monstres et de souffre.
Seul, nul miroir en détection,
Son « je » de rien affiche
Un incompréhensible « complet »
Dans l'immense vacuité.
Je ne suis que,
Parce que les autres sont,
Dans un monde où la bonne pensée
S'enlise d'être unicité, individualité, patrie,
Je ressens parfois ces racines encensées, jadis,
De la fraternité, de l'égalité,
Comme un besoin de me retrouver,
Dans l'humanité.
Loin des ombres politiques
Et autres stratégiques rhétoriques,
Dans la simplicité d'un sourire à peine esquissé,
J'aime me ressourcer.
Loin du non dit pour exprimer l'impossibilité de l'expression,
Loin des chemins synaptiques de l'intelligence,
Toujours complexifiée de nos natures,
Toujours acidulée, irradiée, contaminée de mille maux,
J'aime me retrouver.
Sans cela, que de simplicité, que de beauté.
Que toute naïveté soit plébiscitée !
Dans l'herbe des prés butiner le nectar de la vie !
Et si tout avait commencé à ce moment précis,
Où l'homme présomptueux à commencé à croire,
En un Dieu suprême, son alter ego, son « je », son « moi »,
Affublé comme une greffe d'une impalpable vertu,
Improbable, ponctuelle, comme son monde,
Et qu'il nomme avec emphase,
L'intelligence !
Tout nait du regard que l'on porte sur soi,
Car c'est de lui que nait celui que l'on porte aux autres
Regardes ce que je suis ;
C'est toujours au travers des autres
Que transperce son âme.
Seul, nulle réflexion, nulle réflexion,
Seul, l'océan nous engouffre,
Irrésistiblement peuplé
De monstres et de souffre.
Seul, nul miroir en détection,
Son « je » de rien affiche
Un incompréhensible « complet »
Dans l'immense vacuité.

A la terrasse d'un café...
A la terrasse d'un café,
Je regardais les gens qui passaient,
Ce flot de vie, de vacuité,
Dont la seule force est de sembler.
Au bruit des pas si répétés,
Absurde curiosité,
Inanité, oisiveté,
Mon regard se déportait
Sur cette foule emmaillotée
De solitude apprivoisée.
On est bien dans le calme inquiétant
De la conscience et de la multitude.

Au delà de la forme...
Au-delà de la forme vivait une croyance,
Mais la vision abstraite de cette délivrance,
A laissé dans nos coeurs l'inflexible caprice
Qui relance et rappelle à notre cicatrice.
Certains s'évertuent, quelque peu téméraires,
A extraire de nos corps quelques lambeaux de chair,
Mais comment faire admettre aux communs que nous sommes,
Que nos coeurs se répandent bien au delà de l'Homme .
Quand le temps...
Quand le temps s'obscurcit, que les feuilles d'automne Jalonnent le tapis, je n'ai plus que de l'hommeLe souvenir aigri des rêves qu'on détrône.
Quand la vie s'abrutit aux portes de l'aumône,
Quand la vie s'enlaidit aux portes de l'horreur,
je ne veux de l'humain qu'un peu de cécité,
Je ne veux de l'humain qu'un peu d'indifférence.
Ne plus rien voir, ne rien comprendre,
Ne plus rien exprimer que de l'intelligence,
Sans ombre, sans vie, sans âme,
Mourir tout simplement de cette inanition
Qui fait de la passion la sève et le poison
Pluies d'amour...
Pluies d'amour sur ma vie,
Fines gouttelettes,
Bruines éthérées,
Caresses inconsistantes de l'humanité,
Que de "riens" pour combler notre inanité !
Fétu de paille tu survis,
Combats tel un athlète
ceux qui veulent t'enterrer,
Vicissitudes hébétées
A trop vouloir nous étêter.
Bonheur tu es ;
A ceux qui t'ont conspué,
qui ont voulu te tuer,
tu ne dis rien,
Tu souris,
tu te courbes,
Et cède la place
A l'autre rapace,
Subtil magicien,
Qui pourrit,
Nous embourbe,
Et nous lasse,
De tout.
