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LES CREATIONS 1990 - 2 ème partie































 

 

 

 




Mal !


Mal, loin de toi,
Je suis si mal et si nerveux,
Si amoureux de quelques voeux
Que tu conjugues à chaque fois,
Sans moi !

Mal et perdu
Dans cette sombre ville,
Perdu, tel un débile,
Qui dit qui s'est pendu,
Et que personne ne croie !
Mal, avec ce coeur déçu
Qui pleure sur ton absence,
Mais que l'on croie démence
Quand on l'a aperçu,
Et qu'il aboie !

Mal et drogué,
A faire médire les gens.
Ce n'est pas intelligent
Ce bonheur fatigué,
Qui se noie
Avec toi !



 
Oh ! ...


Oh ! Ces notions de famille,
Ces verbes qui déchirent
La pensée qui fourmille
Entre réunir ou partir,
Entre tenir ou s'enfuir ! 

Liens de sang dans mes veines,
Noeuds d'acier dans la haine,
Sous quel étrange empire,
Ces passions souveraines,
Vont-elles s'accomplir ?

 Irréductibles chaînes,
Lourdes ou légères,
C'est toujours que l'on traîne
Les amours mensongères.

 




Qui sommes nous vraiment ?


Qui sommes-nous vraiment ?
Vitrines de nos âmes,
Notre fond de commerce
A le goût de l'infâme
Inconscient qui transperce
Le polissage exaltant
Du verre,
Net et brillant comme un diamant
Factice,
...Qui ment !

 





Je suis si loin de vous...


Je suis si loin de vous aujourd'hui, si loin de tout,
Et si peu sûr de vous retrouver bientôt.
Je suis néant dans un monde clos,
Et j'ai si peur qu'il ne s'ouvre à vous.

Je suis si mal là dedans,
que je pense à vous très souvent,
Que rien, non rien, ne m'amuse vraiment.

J'ai hâte de retrouver mes livres
De retrouver mes amis, de revivre,
De retrouver la vie, de retrouver ma vie,
Oui, j'en ai tant envie !

Aujourd'hui comme hier,
Je n'ai fait que penser,
A toi, bien sûr, que j'ai tant désiré,
Et je me demande, si tu m'aimes vraiment,
Comme on aime un amant, ou comme un passe-temps ?

Dix huit ans; la liberté s'efface,
Un peu comme une farce,
Et tous ceux que j'aimais
Ne sont plus qu'un vain désir,
De les voir revenir, vain,
Comme de devoir partir
Un an dans une armée.

 





Prozac, xanax, lithium...


Prozac, xanax, lithium, aspirine,
Elixirs de nos têtes orphelines,
Perdues sur la route ténébreuse
Des redoutables médecines,
S'avancent d'un pas synaptique
dans les méandres chaotiques
De nos âmes douloureuses.

Maladies malheureuses,
Patentes ou insidieuses,
Qui dans nos crânes creusent
Des abîmes d'incompréhension,
De colères, de passions,
et font naître le délétère
Sous la forme de ver.

Des gens sains ou des pervers,
Quand deux mondes forment un univers,
C'est toi mon frère incestueux,
Qui se veut, vertueux.




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