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Bienvenue sur le site de Marcel Juaneda, dédié à l'art et la poésie

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CREATIONS 1992


Champoton -Mexique1992 - huile sur toile-

 

 

Pages blanches ...


Pages blanches de nos amours passées,
Nos mémoires s'affranchissent, tendrement enlacées,
Au gouffre de l'oubli,
Le bon, le meilleur ou le pire,
Tout ça s'évanouit
Sous quelque étrange empire.
Ployant au souffle des bourrasques
Nos âmes voltigent un peu flasques,
De ci de là, dans le tourbillon fou
D'un hasard impalpable,
Qui nous mène, inexorable,
Des terres froides d'Islande au soleil de Corfou.
Lamentations d'un jour,
Exaltations du lendemain,
Train train de nos détours
Sur la vie prise en main,
Que reste t'il de nos amours,
De celles qu'on a rêvé ?
Répondez.




La bouche d'égouts - Huile sur toile - collection privée -

Il est cruel aujourd'hui...


Il est cruel aujourd'hui de te voir si passée,
Passée dans mon envie,
Autant qu'en cette vie
Qui restera longtemps si dure à effacer.

 Il est cruel aujourd'hui de te voir repasser
Devant l'amour fané,
D'un être condamné
A ne voir au présent qu'un bonheur trépassé.

 Au dos des séparés, que de secrets volés,
Que de mots insensés,
Qui n'auront pas assez
D'un millier d'hypocrites pour se les rappeler.

Au dos des séparés, que de baisers sans gré,
Que de vengeances amères
Qui ont de si pervers
L'intention d'une vie à manger du regret !

 




Crépuscule à Lacanau


Prozac, Xanax, lithium...


Prozac, xanax, lithium, aspirine,
Elixirs de nos têtes orphelines,
Perdues sur la route ténébreuse
Des redoutables médecines,
S'avancent d'un pas synaptique
dans les méandres chaotiques
De nos âmes douloureuses.

Maladies malheureuses,
Patentes ou insidieuses,
Qui dans nos crânes creusent
Des abîmes d'incompréhension,
De colères, de passions,
et font naître le délétère
Sous la forme de ver.

Des gens sains ou des pervers,
Quand deux mondes forment un univers,
C'est toi mon frère incestueux,
Qui se veut, vertueux.

 




Crépuscule mexicain - Huile sur toile -



Tu m'as dis pessimisme...


Tu m'as dit pessimisme,
Visions cruelles d'un monde
Que d'après toi l'optimisme
De sa cervelle immonde,
Inonde.

Je ne vois pas comme toi,
Le monde,
Félicités, bourgeonnements,
Béatitudes profondes
Qui pour toi sont roi,
Je ne sais pas comment !

Je ne vois pas comme toi,
Car mon esprit nettoie,
Geste systématique
Ces vérités qu'on croit
Vaguement authentiques

Certes, tu as raison ;
Le monde a ses raisons,
Mais ce n'est pas déraison
Que de ne pas y croire.

Louer dame nature,
Oublier ses caprices,
chanter veuve qui tisse
Dans le noir sa pâture.

Louer tout simplement la vie,
Ce cri dès la naissance
Qui envahit,
Qui retentit ;
Inde, Yougoslavie, Ethiopie...

L'amour peut-être,
La matérialité de l'être,
Cécités culturelles,
Qui semblent, paraissent,
Et de leurs mains caressent,
Nos semelles,
Pour mieux avancer,
Pour mieux rancir,
Dans l'air vicié
Que l'on respire.

 




La crucifixion


Que sont devenus ?


Que sont devenus ces architectes fous,
Du rêve et de la vie,
Du vent et de la poésie ?

Ces enfants taciturnes aux gangues de velours,
Endormis sur leur table, tête dans les nuages,
Yeux brillants d'inanité,
Perdus dans l'immensité
De leurs esprits,
Sans lesquels plus aucune vie,
Plus de poésie.

Je parle,
Ils écoutent,
Mais ne m'entendent pas.
Inexorablement conquis
Par quelque autre pays,
Que l'on ne connaît pas,
Dont on sait qu'il est là,
Pour eux peut-être, uniquement !
. Un prénom sur mes lèvres,
Amicalement, Marcel.

Que sont-ils devenus ces architectes fous
Du rêve et de la vie,
Du nombre, de la géométrie,
Ces enfants rayonnants, tels un phare sur la science,
Eclairant les pertuis, où s'anuitent lanternes
Et poètes ?

Ils répondent,
Je parle,
J'interroge,
Ils attendent,
Fatuité innocente de l'enfance,
De corriger l'ignorance de l'enfance.

Tous si différents, ces prénoms
Gardent le souvenir des âmes différentes,
Des espoirs un peu fous d'avoir construit un jour,
La route, qu'il leur faudrait prendre.

Loïc, Marcel, l'un mathématicien, l'autre écrivant,
L'amour n'a t'il pas construit en vain
Ses mythes et ses limites ?
Souvenirs d'une classe de seconde où brillait
Dans quelque sombre abîme un soleil de silence,
De timidité, de déguisement, d'obscurité,
Qui ne veut pas briller, je ne sais pas pourquoi,
S'étiole lentement, se récupère parfois, peut-être,
Et meurt irrésistiblement.

Si je vous ai prêté ces mots, Madame,
C'est que je rêve encore, mais de mon amitié,
Il vous faudra garder ce prétentieux transport,
Car de vous rencontrer.

Que sont-ils devenus ces architectes fous
Du rêve et de la vie,
Du vent et de la poésie ?

. Je ne veux pas savoir.

 






Le soleil brille...


Le soleil brille,
Veines vermeilles, émerveillées
De vie, de sang,
Quatre yeux,
Tels des billes
Pour un enfant,
Le vent dans les cheveux,
Insuffle sa vie,
S'immisce dans mon cour
En franges lumineuses,
Divines, éthérées,
Légères,
Comme l'intensité
Du poids de mon
Amour,
Pour eux,
Ces quatre yeux qui brillent,
Comme les billes de mon
Enfance.

 





Amour...



Amour,
Toujours,
Ceux de nos espérances,
Au front du mur trop sale de la réalité,
Se sont heurtés ;
Jamais rien n'est acquis ;
Un mot de trop,
Un silence de trop,
Tout s'envole,
Rien ne subsiste,
Rien ne résiste,
ni le bon,
Ni le meilleur.
Tout éclate, se disloque, se déchire ;
Le monde chavire,
Tout devient inanité,
Ni le souvenir,
Ni l'amour,
N'y peuvent plus grand chose,
Tout est englouti dans un tourbillon fou,
De Destruction,
Pas même les fruits trop mûrs
Jonchant épars le sol de notre randonnée,
ne peuvent nous arrêter...






Qui aurait pu me dire ?



Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie ?
Les ambitions déchues et les vaines envies,
les choses qu'on oublie, les rêves qu'on détruit,
Les amis retrouvés, l'amitié qui s'enfuit,
Des amours délétères qui aujourd'hui sans vie,
Traversent la mémoire sans même un petit bruit ?

Qui aurait pu me dire ce murmure dans la nuit,
Cette voix sans hauteur qui se perd sans un cri
Dans l'immense cohue de l'homme qui s'ennuie,
De l'homme qui détruit, de l'homme qui se nuit,
Qui aurait pu me dire que sur la terre on prie ?

On plonge ses regards à l'intérieur des cieux,
Son corps sale et grossier dans un bain de piété,
Et l'on croie se laver de ses impuretés,
Crimes ou passions, moult velléités,
Bien que la vérité gît au gouffre des yeux.

Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie,
Le béton précontraint dressé sur mon chemin,
Les regards inhumains posés sur mon prochain,
Les bras tendus des miens, les mains que l'on ravit,
La vie qui nous poursuit, la peur des lendemains ?





Oh !


Oh ! Ces notions de famille,
Ces verbes qui déchirent
La pensée qui fourmille
Entre réunir ou partir,
Entre tenir ou s'enfuir ! 

Liens de sang dans mes veines,
Noeuds d'acier dans la haine,
Sous quel étrange empire,
Ces passions souveraines,
Vont-elles s'accomplir ?

 Irréductibles chaînes,
Lourdes ou légères,
C'est toujours que l'on traîne
Les amours mensongères.




Au delà de la forme...


Au-delà de la forme vivait une croyance,
Mais la vision abstraite de cette délivrance,
A laissé dans nos coeurs l'inflexible caprice
Qui relance et rappelle à notre cicatrice.

Certains s'évertuent, quelque peu téméraires,
A extraire de nos corps quelques lambeaux de chair,
Mais comment faire admettre aux communs que nous sommes,
Que nos coeurs se répandent bien au delà de l'Homme
.

 





Quand j'aurai...


Quand j'aurai dans le coeur
Trop de crabes mangeurs,
Trop de vastes regrets
Pour le jour qui commence,
Mes amis paresseux, de pitié
Trop nourris,
Mes amis trop envieux d'un sourire
trop pourri,
N'y pourront rien changer...

Quand j'aurai dans le coeur
Trop l'écho des rumeurs,
Et la vague pensée
D'un futur dépassé ;
Sur le lit de l'espoir,

Mes parents, ma famille,
Trop gentille d'ignorer,
Mes parents, ma famille,
trop pressée d'espérer,
N'y pourront rien changer...

 Quand j'aurai dans le coeur
Trop de vagues rumeurs,
Quand l'idée d'un mariage
Ne sera qu'un mirage
Quand mes rêves étiolés
mourront d'inanition,

Mes amis, mes parents,
Ceux que j'aurai aimés,
Mes amis, ma famille,
Tairont leurs pavillons,
Pour ne voir dans ces vers
Qu'un délire en hiver...
Mais, n'y pourront rien changer



Que vais-je encore écrire ?


Que vais-je encore écrire,
De bêtises, de mépris pour la vie ;
Pour la vie qui se meurt,
Avec toi qui s'en va,
Pour nourrir un amour

Que je souhaite pour toi
Sans autre malheur,
Que je souhaite pour eux
Sans autres malheureux !



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