CREATIONS 1993
visage caché - collection privée -
Comment vat-il grandir ?
Comment va-t-il grandir dans le tourbillon fou de nos complexités ?
Va-t-il appréhender les méandres profonds de nos subtilités ?
Ou bien, sonore, bruyant, abrutissant carillon de notre société,
Vas-tu le disloquer, le broyer, l'étêter ?
L'enfant que je voulais,
Comme un roi je voyais
Ses mains apprivoiser,
Le monde entier ?
Je voyais,
Comme un enfant sauvé,
Remercier,
Protéger,
Telle une vaste armée,
La paix qui désormais
Les délivrerait.
L'enfant que je voulais,
J'en suis sûr, il est né ;
Dans le ventre gonflé
De l'amour partagé,
Mes rêves de toujours
Ont enfin vu le jour.
Pareil aux rêves de mon enfance,
Tu t'infiltreras dans les consciences,
Et ceux qui t'auront connu
T'accepteront sans violence,
Sans déconvenue,
Sur les longues avenues
De leurs espérances .
Qui aurait pu me dire ?
Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie ?
Les ambitions déchues et les vaines envies,
les choses qu'on oublie, les rêves qu'on détruit,
Les amis retrouvés, l'amitié qui s'enfuit,
Des amours délétères qui aujourd'hui sans vie,
Traversent la mémoire sans même un petit bruit ?
Qui aurait pu me dire ce murmure dans la nuit,
Cette voix sans hauteur qui se perd sans un cri
Dans l'immense cohue de l'homme qui s'ennuie,
De l'homme qui détruit, de l'homme qui se nuit,
Qui aurait pu me dire que sur la terre on prie ?
On plonge ses regards à l'intérieur des cieux,
Son corps sale et grossier dans un bain de piété,
Et l'on croie se laver de ses impuretés,
Crimes ou passions, moult velléités,
Bien que la vérité gît au gouffre des yeux.
Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie,
Le béton précontraint dressé sur mon chemin,
Les regards inhumains posés sur mon prochain,
Les bras tendus des miens, les mains que l'on ravit,
La vie qui nous poursuit, la peur des lendemains ?

Partout, la maladie...
Partout, la maladie s'incline,
Face à sa majesté,
Parfois voûtée, parfois redoutée,
avance la médecine.
Révoltée et cruelle,
Elle détruit la vermine
Qui partout s'amoncelle,
Loin des ombres félines
De son scalpel !
Finis les irréductibles mystères
De notre création,
Ses griffes auront marqué
Notre dernier bastion
De chimères !
Et quand l'un de nous meurt,
Refroidi, démembré, alité,
Putréfié de tumeurs,
Et que viennent soudain
S'exprimer ses couleurs,
Les mains gantées des docteurs,
Dans un ultime effort,
Vous arrachent à la mort !
abstraction - collection privée -
Il aura fallu
Il aura fallu du temps,
Il aura fallu du courage, de la ténacité,
Pour exhausser notre technicité,
Pareils aux pénitents,
Pour nous confronter,
Au néant.
Plus j'avance sur l'avenue,
Plus les ombres des lampadaires,
Se répandent,
Mêlant à la lumière
Des âmes à moitié nues,
Dubitatives et fières,
Qui pendent,
A peine retenues
Par la crinière,
Aux structures lapidaires
De la terre.
Plus j'avance dans la lumière,
Plus les ombres se font claires,
Plus les hommes se font chair,
Plus le monde se déchire
Pour un trop vaste empire,
De négations, de questions et d'ire.
Hector de bourgoing - collection privée -
Hector de Bourgoing était un footballeur international. Il a joué en Argentine, au river plate, dans les années 50, puis il est venu en France, dans les années 60. Il a joué à Nice, puis aux Girondins de Bordeaux. Il fut vainqueur avec son équipe du championnat argentin, participa à la coupe du monde en Angleterre, en 1966. Ce qui l'ont connu le dépeigne comme un redoutable attaquant, mais il avait aussi des qualités de numéro 10, poste qu'il occupait en Argentine notamment. Il occupa la première place au classement des butteurs lors de son passage à Nice, devant Copa, et fut surnommé tête d'or à Bordeaux. A Buenos Aires, avec une saison de 22 buts, une quinzaine avait été marquée de la tête. De nombreuses personnes l'appelaient l'artiste, pour ses prestations sur le terrain, mais aussi, pour ce qu'il était dans la vie. Désintéressé, généreux, grand seigneur, sa vie n'a pas été toujours facile. Les dernières années ont été je pense assez difficile. Il avait néanmoins sa famille à laquelle il était très attaché, et quelques rares amis qu'il affectionnait particulièrement.
Il était mon beau-père et ce que je connaissais de lui n'avait rien à voir avec le football. A l'occasion de son décès en 1993, j'ai peint ce tableau, dont vous ne voyez ici qu'une partie.
Il a beaucoup compté pour nous. Nous pensons très souvent à lui. Nous l'aimerons toujours.
un article assez précis retrace sa carrière sur wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hector_De_Bourgoing
J'ai rêvé...
J'ai rêve hier ;
Déboire d'une sombre expression,
Le morbide est ma nation,
Mon peuple est le fourreau,
Le scintillant couteau
Où perlent encore
Les gouttes de sang
De morts,
Impuissants.
Le rêve,
C'est la porte qui s'ouvre,
Cet étrange pouvoir,
Brillant comme un rasoir,
Qui couvre
Nos consciences,
Qu'encense la démence.
J'ai rêvé hier
D'un funeste pouvoir
Se glissant dans le noir
Pour tirer les pétales
De ces fleurs acéphales.
Mes mains palissent de ce sang versé
Qui hisse
Mes funestes pensées
Au diapason
De la déraison.
Lunes pleines et blanches
De mystères,
Ténébreuses nuits qui m'enterrent,
Pourquoi cette main qui tranche
Ne trouve-t'elle pas la lumière ?