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LES CREATIONS 1999 - 1 ERE PARTIE -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'africaine - Huile sur toile -

 

 

Que vais-je encore écrire ?


Que vais-je encore écrire,
De bêtises, de mépris pour la vie ;
Pour la vie qui se meurt,
Avec toi qui s'en va,
Pour nourrir un amour

Que je souhaite pour toi
Sans autre malheur,
Que je souhaite pour eux
Sans autres malheureux !



 

On se trompe...


On se trompe parfois
Et souvent ça fait mal.
On est seul aux abois,
Prisonnier d'un souvenir
Qui n'avait rien d'original,
Mais qui vous ferait mourir,
Car une histoire d'amour,
Ça dure bien plus qu'un jour !


 

Parfois on aimerait ...


Parfois, on aimerait le beau,
On aimerait le doux,
On aimerait le vrai ;

Les feux des casinos,
Le monde et ses attraits,
La douceur des caresses,
Les rondeurs d'une fesse,
La candeur d'un sourire,
L'immonde qui chavire,
Le verbe et sa sagesse,
Et Dieu intervenir
Sur la mort, les martyrs...

 Visions idylliques,
Rêves puérils,
Tout en nous s'applique
et jubile
Dans la morosité,
Dans l'inutile
Et la complexité.



Je suis né...


Je suis né fils de père,
Je suis née fille de mère;
Un même sang abreuve
La courbe et sombre veine,
Qu'il vente ou qu'il pleuve,
De nos rivières. 

Même flamme cellulaire,
Quelquefois rebelle,
Parfois docile,

Qui construit des idylles,
Bonheurs universels,
Ou d'obscures galères
Qu'alimentent nos colères
Sans voix,
De nos pères, de nos mères,
Cois.

Oh ! Funestes dés jetés
D'incertitude sur nos vies,
A peine projetées,
Et que déjà tu ravis;
Ephémères dans la fragilité,
Vigoureuses par le prométhée,
Tu survis.

 






Pourquoi rêver ?


Pourquoi rêver,
Il est si décevant
De se réveiller ?

Laissez-vous emporter
Au souffle du vent
Sans sourciller.

Pourquoi penser ?
Il est si décevant
De pouvoir comprendre,

Il y ait des pensées
Qu'il serait navrant
De pouvoir surprendre.









Comme si...


Comme si la vie filait,
Un rêve à peine énoncé,
Des souvenirs par millier,
un mal indicible,
Mon esprit torturé,
Des images monochromes
Qui appellent désespérément,
La mort.

Et Dieu, Et tous ceux que j'aime,
Et la mémoire de mon nom,
Ternie à tout jamais,
Dans le sang, dans la honte.
Ce geste irrésistible,
ce grondement profond qui déchire mes entrailles,

Un rien de rien pour que ma main défaille
Vers le fourreau si près de mon corps qui tressaille.
Et tous ceux que j'aime,
Tous ceux pour qui, jusqu'à ce jour,
J'ai tout voulu donner,
Sans rien réaliser.

Et Dieu dans tout ça,
Et ma femme, et mon enfant...
Que reste-t'il de mon amour ?

Pas une larme dans mes yeux,
Que des appels désespérés,
Des mains tendues vers un Dieu
Qui m'oublie, qui m'oublie, qui m'oublie...

Pourquoi mes pensées les plus sombres
Ont-elles la consonance
Des mots les plus fins ?

 







Tout, tout...


Tout, tout, tout change et fluctue,
De la vie qui partout
En onguent se répand,
D'autres odeurs s'évertuent,
Êtres vils et rampants,
A changer en dégoût
Nos âmes dévêtues,
Nos corps fatigués
D'avoir trop travaillé,
Notre esprit torturé
D'avoir trop analysé.

Ou sont passées ces heures
D'indescriptible bonheur,
Où tout encore
Puisait dans une flore
Les plus belles senteurs,
Prenant du créateur
Les plus fameux décors
D'immuabilité,
De sérénité, et de félicité.

Souffles de vie sur nos corps,
Et fini l'idyllique décor ;
Le vent de vie nous transforme
Aux yeux de Dieu et de la norme ;

Sur le chemin des Hommes,
Nous oublions ce que nous sommes,
Et devenons ce qu'ils sont.

Tout, tout, tout,
Tout change et fluctue,
De la vie qui partout
En onguent se répand,
Aux odeurs qui s'évertuent
Tels de vils serpents
A changer en dégoût
Nos âmes dévêtues,
D'enfant.

 








Les murs dressés ...


Les murs dressés de la souffrance
Exècrent la transparence ;
Ils ont banni la délivrance,
Et ignorent même Jusqu'à son existence !







Au delà de la forme...


Au-delà de la forme vivait une croyance,
Mais la vision abstraite de cette délivrance,
A laissé dans nos coeurs l'inflexible caprice
Qui relance et rappelle à notre cicatrice.

Certains s'évertuent, quelque peu téméraires,
A extraire de nos corps quelques lambeaux de chair,
Mais comment faire admettre aux communs que nous sommes,
Que nos coeurs se répandent bien au delà de l'Homme
.





Il aura fallu


Il aura fallu du temps,
Il aura fallu du courage, de la ténacité,
Pour exhausser notre technicité,
Pareils aux pénitents,
Pour nous confronter,
Au néant.

Plus j'avance sur l'avenue,
Plus les ombres des lampadaires,
Se répandent,
Mêlant à la lumière
Des âmes à moitié nues,
Dubitatives et fières,
Qui pendent,
A peine retenues
Par la crinière,
Aux structures lapidaires
De la terre.

Plus j'avance dans la lumière,
Plus les ombres se font claires,
Plus les hommes se font chair,
Plus le monde se déchire
Pour un trop vaste empire,
De négations, de questions et d'ire.






J'ai rêvé...


J'ai rêve hier ;
Déboire d'une sombre expression,
Le morbide est ma nation,
Mon peuple est le fourreau,
Le scintillant couteau
Où perlent encore
Les gouttes de sang
De morts,
Impuissants.

Le rêve,
C'est la porte qui s'ouvre,
Cet étrange pouvoir,
Brillant comme un rasoir,
Qui couvre
Nos consciences,
Qu'encense la démence.

J'ai rêvé hier
D'un funeste pouvoir
Se glissant dans le noir
Pour tirer les pétales
De ces fleurs acéphales.

Mes mains palissent de ce sang versé
Qui hisse
Mes funestes pensées
Au diapason
De la déraison.

Lunes pleines et blanches
De mystères,
Ténébreuses nuits qui m'enterrent,
Pourquoi cette main qui tranche
Ne trouve-t'elle pas la lumière ?





Partout, la maladie...


Partout, la maladie s'incline,
Face à sa majesté,
Parfois voûtée, parfois redoutée,
avance la médecine.
Révoltée et cruelle,
Elle détruit la vermine
Qui partout s'amoncelle,
Loin des ombres félines
De son scalpel !

Finis les irréductibles mystères
De notre création,
Ses griffes auront marqué
Notre dernier bastion
De chimères !

Et quand l'un de nous meurt,
Refroidi, démembré, alité,
Putréfié de tumeurs,
Et que viennent soudain
S'exprimer ses couleurs,
Les mains gantées des docteurs,
Dans un ultime effort,
Vous arrachent à la mort !





Depuis longtemps...


Depuis longtemps éparpillées,
Au souffle des tempêtes,

La flamme fragile de la vie,
A longtemps vacillé, avant de s'exprimer,
Comme ravigourée, rafistolée,
Ligaturée, pensée,
Du Bonheur simple des envies,
Des rires, des sourires,
Des caresses de ma fille,
Des exploits de mon fils,
Leur vie me porte,
Léger, loin des ombres et des vices,
Dans l'énergie subtile,
Du souffle, là, oui.
Au dessus de la flamme.
Sourires.





Qui aurait pu me dire ?


Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie ?
Les ambitions déchues et les vaines envies,
les choses qu'on oublie, les rêves qu'on détruit,
Les amis retrouvés, l'amitié qui s'enfuit,
Des amours délétères qui aujourd'hui sans vie,
Traversent la mémoire sans même un petit bruit ?

Qui aurait pu me dire ce murmure dans la nuit,
Cette voix sans hauteur qui se perd sans un cri
Dans l'immense cohue de l'homme qui s'ennuie,
De l'homme qui détruit, de l'homme qui se nuit,
Qui aurait pu me dire que sur la terre on prie ?

On plonge ses regards à l'intérieur des cieux,
Son corps sale et grossier dans un bain de piété,
Et l'on croie se laver de ses impuretés,
Crimes ou passions, moult velléités,
Bien que la vérité gît au gouffre des yeux.

Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie,
Le béton précontraint dressé sur mon chemin,
Les regards inhumains posés sur mon prochain,
Les bras tendus des miens, les mains que l'on ravit,
La vie qui nous poursuit, la peur des lendemains ?




Le souvenir parfois...


Le souvenir parfois est un puits de regrets
Où se meurent certains soirs quelques larmes salées ;
Plus que toute autre chose il est maître à son gré
De notre axe du corps lorsqu'il est esseulé.

 Le souvenir, c'est la caresse du présent,
Qui réveille en mon sein la fibre des passions,
C'est ta main sur mon coeur,
Ce replis vers demain
Qui limite les heures.

 Le souvenir, c'est mes "je t'aime" qui résonnent
Dans le bilan de mes moissons,
Telles des brisures qui fusionnent,
Ou la trop vague chanson
Qu'un grand mystère actionne
Vers quelque frondaison.

 Le souvenir enfin,
C'est quelque étrange besoin,
Comme celui d'un conjoint,
Qui n'a jamais de fin.



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