CREATIONS 1999 - 2 EME PARTIE -
La barque 1998/19996 - huile sur toile -
Depuis longtemps éparpillées...
Depuis longtemps éparpillées,
Au souffle des tempêtes,
La flamme fragile de la vie,
A longtemps vacillé, avant de s'exprimer,
Comme ravigourée, rafistolée,
Ligaturée, pensée,
Du Bonheur simple des envies,
Des rires, des sourires,
Des caresses de ma fille,
Des exploits de mon fils,
Leur vie me porte,
Léger, loin des ombres et des vices,
Dans l'énergie subtile,
Du souffle, là, oui.
Au dessus de la flamme.
Sourires.
Oh !
Oh ! Ces notions de famille,
Ces verbes qui déchirent
La pensée qui fourmille
Entre réunir ou partir,
Entre tenir ou s'enfuir !
Liens de sang dans mes veines,
Noeuds d'acier dans la haine,
Sous quel étrange empire,
Ces passions souveraines,
Vont-elles s'accomplir ?
Irréductibles chaînes,
Lourdes ou légères,
C'est toujours que l'on traîne
Les amours mensongères.

Sur cette feuille...
Sur cette feuille me retrouver,
Tel que je fus par le passé,
Avant.
Vaste mélancolie
Telle l'océan où surfers
Se marient aux tourbillons
Des vagues en folie.
J'affectionne ce tumulte,
Ces cris inconsistants
De la raison qui occulte
Sous les flots déferlants
La lumière et ses cultes.
J'affectionne ces humeurs,
Sombres et délétères,
Où pourtant vague peur
Du fétu de poussière,
Il ne reste plus rien,
Que ce feu dans mes veines,
Qui me réchauffe bien.
Sur cette feuille me retrouver,
Tel que je fus par le passé,
Avant.
.Avant que la vie ne me broie !
Je pense à toi quand même...
Je pense à toi quand même,
Malgré l'hiver qui vient, malgré les jours qui passent,
Malgré mes aventures qui m'aident à faire surface,
Je pense à toi que j'aime.
Je pense à toi quand même,
Malgré ces soirs sans toi, malgré ces nuits d'errance,
Malgré mes souvenirs et ton indifférence
Qui font ma vie Bohème.
Je pense à toi quand même ;
Quand l'aurore apparaît, pour moi le crépuscule,
Belligérant sorcier consulte l'opuscule
De sa science anathème !
Je pense à toi quand même,
Malgré mes idéaux qui ne sont pas modernes,
Naïvement je crois aux amours qui nous bernent :
C'est comme ça que je t'aime !
Oublier, écrire...
Oublier; écrire.
Penser; en rire.
Pleurer; pour vivre.
Aimer; finir.
La terre tourne encore, malgré moi, malgré nous,
Elle tournera toujours sous ce monde si fou !
Il y a tant d'horreur, tant de peines, de misères,
Tant de nécessiteux, tant de haines, et de fils sans père,
Que ma misère à moi peut paraître bénigne,
Face au monde pervers qui a dans sa poitrine,
Tant de maux, tant de peines, et de misères.
J'ai cru en toi, comme on croit en son père,
J'ai cru en toi, tant de fois difficiles,
Que te croire me parait difficile !
J'ai cru, naïvement cru, que rien n'est plus facile,
Que rien, jamais, non rien, jamais,
N'eut pu nous séparer, que l'on pouvait s'aimer.
L'amour c'est un beau sentiment,
Qui vit en secret dans le cour des déments,
L'amour, c'est autant de déboires
Qu'un honnête homme peut en boire.
L'amour, c'est un anachronisme,
Plus dangereux qu'un alcoolisme !
L'amour, c'est une perfidie,
C'est être cocu, comme on dit !
L'amour, c'est souffrir lentement,
C'est un amour dément
Qui s'effondre brusquement.
Quand l'amour...
Quand l'amour dans ton coeur
N'aura plus de bourgeon,
qu'il sera une fleur
Nourrie de l'abandon,
Le mien aura nourri
Par la mélancolie,
Une année de bonheur
Qui n'aura pas pourri !
Le mien aura nourri
Par un peu de folie
Une année de douleur
Qui restera sans prix.
Toi qui crois...
Toi qui crois que la vie t'appartient,
Qui tient entre tes mains
Tout à la fois le glaive et la caresse,
Le pouvoir d'un romain
Qui depuis son bureau
Commande à d'autres mains,
Le pouvoir d'un martien
Qui depuis ses confins
Impose à quelques humains.
Toi qui croit que le monde est le tien,
Que la vie se prosterne entre tes faibles liens,
toi qui ne connais rien,
Toi que la cécité
A dévoré soudain,
Toi qui ne pense à rien
Qu'à commander demain,
Toi qui ne parle plus,
toi qui ne réponds plus,
Toi qui ne vois plus,
Toi qui fusionne en "je",
Toi qui se multiplie,
A peine cahoté
Par le bourdonnement
Des âmes qui se plient,
Toi qui t'es rapproché
De la divinité
Sans un tâtonnement,
Qui a hiérarchisé
Pour mieux se protéger.
Toi qui reflète en nous
Ce que nous pourrions être
Si je voyais en toi
Ce que je suis en moi !
Les Gauchos - huile sur toile -
Pluies d'amour sur nos vies
Pluies d'amour sur ma vie,
Fines gouttelettes,
Bruines éthérées,
Caresses inconsistantes de l'humanité,
Que de "riens" pour combler notre inanité !
Fétu de paille tu survis,
Combats tel un athlète
ceux qui veulent t'enterrer,
Vicissitudes hébétées
A trop vouloir nous étêter.
Bonheur tu es ;
A ceux qui t'ont conspué,
qui ont voulu te tuer,
tu ne dis rien,
Tu souris,
tu te courbes,
Et cède la place
A l'autre rapace,
Subtil magicien,
Qui pourrit,
Nous embourbe,
Et nous lasse,
De tout.
Les petits masques - Huile sur toile -
Pages blanches...
Pages blanches de nos amours passées,
Nos mémoires s'affranchissent, tendrement enlacées,
Au gouffre de l'oubli,
Le bon, le meilleur ou le pire,
Tout ça s'évanouit
Sous quelque étrange empire.
Ployant au souffle des bourrasques
Nos âmes voltigent un peu flasques,
De ci de là, dans le tourbillon fou
D'un hasard impalpable,
Qui nous mène, inexorable,
Des terres froides d'Islande au soleil de Corfou.
Lamentations d'un jour,
Exaltations du lendemain,
Train train de nos détours
Sur la vie prise en main,
Que reste t'il de nos amours,
De celles qu'on a rêvé ?
Répondez.

Les trois masques - Huile sur toile -
J'ai rêvé...
J'ai rêve hier ;
Déboire d'une sombre expression,
Le morbide est ma nation,
Mon peuple est le fourreau,
Le scintillant couteau
Où perlent encore
Les gouttes de sang
De morts,
Impuissants.
Le rêve,
C'est la porte qui s'ouvre,
Cet étrange pouvoir,
Brillant comme un rasoir,
Qui couvre
Nos consciences,
Qu'encense la démence.
J'ai rêvé hier
D'un funeste pouvoir
Se glissant dans le noir
Pour tirer les pétales
De ces fleurs acéphales.
Mes mains palissent de ce sang versé
Qui hisse
Mes funestes pensées
Au diapason
De la déraison.
Lunes pleines et blanches
De mystères,
Ténébreuses nuits qui m'enterrent,
Pourquoi cette main qui tranche
Ne trouve-t'elle pas la lumière ?
Que nécessite notre liberté ?
Que nécessite notre liberté,
Sinon un peu de rêve et d'objectivité
En quoi demeure l'égalité,
Sinon dans les mystères de nos philosophies.
Je suis né à Rio
Dans les Ghettos,
Indifférence.
Je suis né à Bordeaux,
Dans les bravos,
Indifférence.
Partout dans notre vie,
Là où je vois la liberté,
Là où grandit l'égalité,
Un vaste tourbillon,
Sombre et sale brouillon,
Détourne la vérité.
On écrit rien de bon...
On n'écrit rien de bon quand on a le coeur noir.
Nos seules capacités sont dans le souvenir, le remords et la souffrance.
L'espérance est claustrée entre les murs de la réalité,
Et l'on ne croit en rien...
Le seul aboutissement après les durs moments est le délabrement
Ou la résignation.
On reprend ses dadas le coeur sous l'échafaud, et l'on se fait un monde d'apparat,
Où l'orgueil, en maître souverain, condamne les captieux élans de la véritable personnalité.
La vie est ainsi faîte qu'il ne faut pas aimer
Pour pouvoir être heureux.
L'indifférence au moins, malgré sa connotation péjorative,
A l'avantage sur les nobles sentiments d'une vertu d'airain
Qui abolit notre axe plutôt que de le détruire,
Pareil aux xylophages...
... Car l'amour, c'est cela...?
Saxos flash - Huile sur toile -
Comment vat-il grandir ?
Comment va-t-il grandir dans le tourbillon fou de nos complexités ?
Va-t-il appréhender les méandres profonds de nos subtilités ?
Ou bien, sonore, bruyant, abrutissant carillon de notre société,
Vas-tu le disloquer, le broyer, l'étêter ?
L'enfant que je voulais,
Comme un roi je voyais
Ses mains apprivoiser,
Le monde entier ?
Je voyais,
Comme un enfant sauvé,
Remercier,
Protéger,
Telle une vaste armée,
La paix qui désormais
Les délivrerait.
L'enfant que je voulais,
J'en suis sûr, il est né ;
Dans le ventre gonflé
De l'amour partagé,
Mes rêves de toujours
Ont enfin vu le jour.
Pareil aux rêves de mon enfance,
Tu t'infiltreras dans les consciences,
Et ceux qui t'auront connu
T'accepteront sans violence,
Sans déconvenue,
Sur les longues avenues
De leurs espérances .

Le sein - Huile sur toile -
Il aura fallu
Il aura fallu du temps,
Il aura fallu du courage, de la ténacité,
Pour exhausser notre technicité,
Pareils aux pénitents,
Pour nous confronter,
Au néant.
Plus j'avance sur l'avenue,
Plus les ombres des lampadaires,
Se répandent,
Mêlant à la lumière
Des âmes à moitié nues,
Dubitatives et fières,
Qui pendent,
A peine retenues
Par la crinière,
Aux structures lapidaires
De la terre.
Plus j'avance dans la lumière,
Plus les ombres se font claires,
Plus les hommes se font chair,
Plus le monde se déchire
Pour un trop vaste empire,
De négations, de questions et d'ire.
Partout, la maladie...
Partout, la maladie s'incline,
Face à sa majesté,
Parfois voûtée, parfois redoutée,
avance la médecine.
Révoltée et cruelle,
Elle détruit la vermine
Qui partout s'amoncelle,
Loin des ombres félines
De son scalpel !
Finis les irréductibles mystères
De notre création,
Ses griffes auront marqué
Notre dernier bastion
De chimères !
Et quand l'un de nous meurt,
Refroidi, démembré, alité,
Putréfié de tumeurs,
Et que viennent soudain
S'exprimer ses couleurs,
Les mains gantées des docteurs,
Dans un ultime effort,
Vous arrachent à la mort !

Qui aurait pu me dire ?
Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie ?
Les ambitions déchues et les vaines envies,
les choses qu'on oublie, les rêves qu'on détruit,
Les amis retrouvés, l'amitié qui s'enfuit,
Des amours délétères qui aujourd'hui sans vie,
Traversent la mémoire sans même un petit bruit ?
Qui aurait pu me dire ce murmure dans la nuit,
Cette voix sans hauteur qui se perd sans un cri
Dans l'immense cohue de l'homme qui s'ennuie,
De l'homme qui détruit, de l'homme qui se nuit,
Qui aurait pu me dire que sur la terre on prie ?
On plonge ses regards à l'intérieur des cieux,
Son corps sale et grossier dans un bain de piété,
Et l'on croie se laver de ses impuretés,
Crimes ou passions, moult velléités,
Bien que la vérité gît au gouffre des yeux.
Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie,
Le béton précontraint dressé sur mon chemin,
Les regards inhumains posés sur mon prochain,
Les bras tendus des miens, les mains que l'on ravit,
La vie qui nous poursuit, la peur des lendemains ?
Dans le bruit sourd de la ville
Dans le bruit sourd de la ville
Retentit comme un cri ;
Un cri d'amour et de haine, de langueur et de peine,
Le bruit lourd de mes chaînes
Qui ramènent l'esprit
A mes tâches serviles.
Viles tâches de vie
Qui s'épandent en mes veines,
Irréductibles germes
De notre insertion.
Des négations et des envies,
Il ne reste que des peines,
Irréductibles et fermes,
Comme une damnation.
Dans le bruit sourd de la ville,
Des murmures d'incertitude ou de certitude,
Des hurlements de désespoir ou d'espoir,
Un petit "je" d'interrogation et de solitude
Promène son faciès incivil,
D'indécence dans le noir
Des nuits souveraines.