LES POESIES - PARTIE 2 - Juaneda Marcel -

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Uniquement la poésie - Deuxième partie -

 

 

 

Regardes ce que je suis...


Partout, la maladie s'incline,
Face à sa majesté,
Parfois voutée, parfois redoutée,
Avance la médecine,
Révoltée et cruelle,
Elle détruit la vermine,
Qui partout s'amoncelle
Loin des ombres félines
De son scalpel.

Finis les irréductibles mystères
De notre création,
Ses griffes auront marqué
Notre dernier bastion
De chiméres !

Et quand l'un de nous meurt,
Refroidi, démembré, alité,
Pétrifié de tumeurs,
Quand la lumière s'éteint
Et que viennent soudain
S'exprimer ses couleurs
Les mains gantées des docteurs,
Dans un ultime effort,
Vous arrachent à la mort.





 

Regardes ce que je suis...


Regardes ce que je suis ;
C'est toujours au travers des autres
Que transperce son âme.

Seul, nulle réflexion, nulle réflexion,
Seul, l'océan nous engouffre,
Irrésistiblement peuplé
De monstres et de souffre.
Seul, nul miroir en détection,
Son « je » de rien affiche
Un incompréhensible « complet »
Dans l'immense vacuité.

Je ne suis que,
Parce que les autres sont,
Dans un monde où la bonne pensée
S'enlise d'être unicité, individualité, patrie,
Je ressens parfois ces racines encensées, jadis,
De la fraternité, de l'égalité,
Comme un besoin de me retrouver,
Dans l'humanité.

Loin des ombres politiques
Et autres stratégiques rhétoriques,
Dans la simplicité d'un sourire à peine esquissé,
J'aime me ressourcer.

Loin du non dit pour exprimer l'impossibilité de l'expression,
Loin des chemins synaptiques de l'intelligence,
Toujours complexifiée de nos natures,
Toujours acidulée, irradiée, contaminée de mille maux,
J'aime me retrouver.

Sans cela, que de simplicité, que de beauté.
Que toute naïveté soit plébiscitée !
Dans l'herbe des prés butiner le nectar de la vie !

. Et si tout avait commencé à ce moment précis,
Où l'homme présomptueux à commencé à croire,
En un Dieu suprême, son alter ego, son « je », son « moi »,
Affublé comme une greffe d'une impalpable vertu,
Improbable, ponctuelle, comme son monde,
Et qu'il nomme avec emphase,
L'intelligence !
Tout nait du regard que l'on porte sur soi,
Car c'est de lui que nait celui que l'on porte aux autres


Regardes ce que je suis ;
C'est toujours au travers des autres
Que transperce son âme.

Seul, nulle réflexion, nulle réflexion,
Seul, l'océan nous engouffre,
Irrésistiblement peuplé
De monstres et de souffre.
Seul, nul miroir en détection,
Son « je » de rien affiche
Un incompréhensible « complet »
Dans l'immense vacuité.





Succédant à la nuit ...


Succédant à la nuit les rayons du soleil,
L'aube caressante de la vie qui renait,
Et même si , difficile réveil,
Tu me projettes au loin de ce très long sommeil,
Je garderais je crois de ces longues années,
Le souvenir.

Souffrances omnipotentes, de chaque jour,
Qui passe, alors que tant d'amour,
Autour de moi, m'embrasse,
Et cette cécité, qui m'amenait à croire,
Que tout au monde est noir,
Alors qu'à les côtés,
Lumière et mains tendues,
Désespérément,
Enfants,
Epouse,
D'amour m'ont ligoté.

Aujourd'hui, miracle de la vie,
Derrière moi ces ennuis,
Ce voile épais sur mon esprit,
Ce sang qui coulait dans mes nuits,
Un nouveau chemin ont pris,
Mes sens et mes envies.







Depuis longtemps...


Depuis longtemps éparpillées,
Au souffle des tempêtes,

La flamme fragile de la vie,
A longtemps vacillé, avant de s'exprimer,
Comme ravigourée, rafistolée,
Ligaturée, pensée,
Du Bonheur simple des envies,
Des rires, des sourires,
Des caresses de ma fille,
Des exploits de mon fils,
Leur vie me porte,
Léger, loin des ombres et des vices,
Dans l'énergie subtile,
Du souffle, là, oui.
Au dessus de la flamme.
Sourires...





 


Le souvenir parfois...


Le souvenir parfois est un puits de regrets
Où se meurent certains soirs quelques larmes salées ;
Plus que toute autre chose il est maître à son gré
De notre axe du corps lorsqu'il est esseulé.

 Le souvenir, c'est la caresse du présent,
Qui réveille en mon sein la fibre des passions,
C'est ta main sur mon coeur,
Ce replis vers demain
Qui limite les heures.

 Le souvenir, c'est mes "je t'aime" qui résonnent
Dans le bilan de mes moissons,
Telles des brisures qui fusionnent,
Ou la trop vague chanson
Qu'un grand mystère actionne
Vers quelque frondaison.

 Le souvenir enfin,
C'est quelque étrange besoin,
Comme celui d'un conjoint,
Qui n'a jamais de fin.





 

Comme si...


Comme si la vie filait,
Un rêve à peine énoncé,
Des souvenirs par millier,
un mal indicible,
Mon esprit torturé,
Des images monochromes
Qui appellent désespérément,
La mort.

Et Dieu, Et tous ceux que j'aime,
Et la mémoire de mon nom,
Ternie à tout jamais,
Dans le sang, dans la honte.
Ce geste irrésistible,
ce grondement profond qui déchire mes entrailles,

Un rien de rien pour que ma main défaille
Vers le fourreau si près de mon corps qui tressaille.
Et tous ceux que j'aime,
Tous ceux pour qui, jusqu'à ce jour,
J'ai tout voulu donner,
Sans rien réaliser.

Et Dieu dans tout ça,
Et ma femme, et mon enfant...
Que reste-t'il de mon amour ?

Pas une larme dans mes yeux,
Que des appels désespérés,
Des mains tendues vers un Dieu
Qui m'oublie, qui m'oublie, qui m'oublie...

Pourquoi mes pensées les plus sombres
Ont-elles la consonance
Des mots les plus fins ?





Tout, tout...


Tout, tout, tout change et fluctue,
De la vie qui partout
En onguent se répand,
D'autres odeurs s'évertuent,
Êtres vils et rampants,
A changer en dégoût
Nos âmes dévêtues,
Nos corps fatigués
D'avoir trop travaillé,
Notre esprit torturé
D'avoir trop analysé.

Ou sont passées ces heures
D'indescriptible bonheur,
Où tout encore
Puisait dans une flore
Les plus belles senteurs,
Prenant du créateur
Les plus fameux décors
D'immuabilité,
De sérénité, et de félicité.

Souffles de vie sur nos corps,
Et fini l'idyllique décor ;
Le vent de vie nous transforme
Aux yeux de Dieu et de la norme ;

Sur le chemin des Hommes,
Nous oublions ce que nous sommes,
Et devenons ce qu'ils sont.

Tout, tout, tout,
Tout change et fluctue,
De la vie qui partout
En onguent se répand,
Aux odeurs qui s'évertuent
Tels de vils serpents
A changer en dégoût
Nos âmes dévêtues,
D'enfant.



Que nécessite notre liberté ?


Que nécessite notre liberté,
Sinon un peu de rêve et d'objectivité
En quoi demeure l'égalité,
Sinon dans les mystères de nos philosophies.

Je suis né à Rio
Dans les Ghettos,
Indifférence.
Je suis né à Bordeaux,
Dans les bravos,
Indifférence.

Partout dans notre vie,
Là où je vois la liberté,
Là où grandit l'égalité,
Un vaste tourbillon,
Sombre et sale brouillon,
Détourne la vérité.





 

Tu m'as dis pessimisme...


Tu m'as dit pessimisme,
Visions cruelles d'un monde
Que d'après toi l'optimisme
De sa cervelle immonde,
Inonde.

Je ne vois pas comme toi,
Le monde,
Félicités, bourgeonnements,
Béatitudes profondes
Qui pour toi sont roi,
Je ne sais pas comment !

Je ne vois pas comme toi,
Car mon esprit nettoie,
Geste systématique
Ces vérités qu'on croit
Vaguement authentiques

Certes, tu as raison ;
Le monde a ses raisons,
Mais ce n'est pas déraison
Que de ne pas y croire.

Louer dame nature,
Oublier ses caprices,
chanter veuve qui tisse
Dans le noir sa pâture.

Louer tout simplement la vie,
Ce cri dès la naissance
Qui envahit,
Qui retentit ;
Inde, Yougoslavie, Ethiopie...

L'amour peut-être,
La matérialité de l'être,
Cécités culturelles,
Qui semblent, paraissent,
Et de leurs mains caressent,
Nos semelles,
Pour mieux avancer,
Pour mieux rancir,
Dans l'air vicié
Que l'on respire.

 







Pages blanches...

Pages blanches de nos amours passées,
Nos mémoires s'affranchissent, tendrement enlacées,
Au gouffre de l'oubli,
Le bon, le meilleur ou le pire,
Tout ça s'évanouit
Sous quelque étrange empire.

Ployant au souffle des bourrasques
Nos âmes voltigent un peu flasques,
De ci de là, dans le tourbillon fou
D'un hasard impalpable,
Qui nous mène, inexorable,
Des terres froides d'Islande au soleil de Corfou.
Lamentations d'un jour,
Exaltations du lendemain,
Train train de nos détours
Sur la vie prise en main,
Que reste t'il de nos amours,
De celles qu'on a rêvé ?
Répondez.






J'ai rêvé...


J'ai rêve hier ;
Déboire d'une sombre expression,
Le morbide est ma nation,
Mon peuple est le fourreau,
Le scintillant couteau
Où perlent encore
Les gouttes de sang
De morts,
Impuissants.

Le rêve,
C'est la porte qui s'ouvre,
Cet étrange pouvoir,
Brillant comme un rasoir,
Qui couvre
Nos consciences,
Qu'encense la démence.

J'ai rêvé hier
D'un funeste pouvoir
Se glissant dans le noir
Pour tirer les pétales
De ces fleurs acéphales.

Mes mains palissent de ce sang versé
Qui hisse
Mes funestes pensées
Au diapason
De la déraison.

Lunes pleines et blanches
De mystères,
Ténébreuses nuits qui m'enterrent,
Pourquoi cette main qui tranche
Ne trouve-t'elle pas la lumière ?







Les murs dressés ...


Les murs dressés de la souffrance
Exècrent la transparence ;
Ils ont banni la délivrance,
Et ignorent même Jusqu'à son existence !

 







On écrit rien de bon...


On n'écrit rien de bon quand on a le coeur noir.
Nos seules capacités sont dans le souvenir, le remords et la souffrance.
L'espérance est claustrée entre les murs de la réalité,
Et l'on ne croit en rien...

Le seul aboutissement après les durs moments est le délabrement
Ou la résignation.

On reprend ses dadas le coeur sous l'échafaud, et l'on se fait un monde d'apparat,
Où l'orgueil, en maître souverain, condamne les captieux élans de la véritable personnalité.

 La vie est ainsi faîte qu'il ne faut pas aimer
Pour pouvoir être heureux.
L'indifférence au moins, malgré sa connotation péjorative,
A l'avantage sur les nobles sentiments d'une vertu d'airain
Qui abolit notre axe plutôt que de le détruire,

Pareil aux xylophages...

... Car l'amour, c'est cela...?







Comment vat-il grandir ?



Comment va-t-il grandir dans le tourbillon fou de nos complexités ?
Va-t-il appréhender les méandres profonds de nos subtilités ?
Ou bien, sonore, bruyant, abrutissant carillon de notre société,
Vas-tu le disloquer, le broyer, l'étêter ?
L'enfant que je voulais,
Comme un roi je voyais

Ses mains apprivoiser,
Le monde entier ?
Je voyais,
Comme un enfant sauvé,
Remercier,
Protéger,
Telle une vaste armée,
La paix qui désormais
Les délivrerait.

L'enfant que je voulais,
J'en suis sûr, il est né ;
Dans le ventre gonflé
De l'amour partagé,
Mes rêves de toujours
Ont enfin vu le jour.

Pareil aux rêves de mon enfance,
Tu t'infiltreras dans les consciences,
Et ceux qui t'auront connu
T'accepteront sans violence,
Sans déconvenue,
Sur les longues avenues
De leurs espérances
.







Il aura fallu


Il aura fallu du temps,
Il aura fallu du courage, de la ténacité,
Pour exhausser notre technicité,
Pareils aux pénitents,
Pour nous confronter,
Au néant.

Plus j'avance sur l'avenue,
Plus les ombres des lampadaires,
Se répandent,
Mêlant à la lumière
Des âmes à moitié nues,
Dubitatives et fières,
Qui pendent,
A peine retenues
Par la crinière,
Aux structures lapidaires
De la terre.

Plus j'avance dans la lumière,
Plus les ombres se font claires,
Plus les hommes se font chair,
Plus le monde se déchire
Pour un trop vaste empire,
De négations, de questions et d'ire.

 







Partout, la maladie...


Partout, la maladie s'incline,
Face à sa majesté,
Parfois voûtée, parfois redoutée,
avance la médecine.
Révoltée et cruelle,
Elle détruit la vermine
Qui partout s'amoncelle,
Loin des ombres félines
De son scalpel !

Finis les irréductibles mystères
De notre création,
Ses griffes auront marqué
Notre dernier bastion
De chimères !

Et quand l'un de nous meurt,
Refroidi, démembré, alité,
Putréfié de tumeurs,
Et que viennent soudain
S'exprimer ses couleurs,
Les mains gantées des docteurs,
Dans un ultime effort,
Vous arrachent à la mort !







Qui aurait pu me dire ?


Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie ?
Les ambitions déchues et les vaines envies,
les choses qu'on oublie, les rêves qu'on détruit,
Les amis retrouvés, l'amitié qui s'enfuit,
Des amours délétères qui aujourd'hui sans vie,
Traversent la mémoire sans même un petit bruit ?

Qui aurait pu me dire ce murmure dans la nuit,
Cette voix sans hauteur qui se perd sans un cri
Dans l'immense cohue de l'homme qui s'ennuie,
De l'homme qui détruit, de l'homme qui se nuit,
Qui aurait pu me dire que sur la terre on prie ?

On plonge ses regards à l'intérieur des cieux,
Son corps sale et grossier dans un bain de piété,
Et l'on croie se laver de ses impuretés,
Crimes ou passions, moult velléités,
Bien que la vérité gît au gouffre des yeux.

Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie,
Le béton précontraint dressé sur mon chemin,
Les regards inhumains posés sur mon prochain,
Les bras tendus des miens, les mains que l'on ravit,
La vie qui nous poursuit, la peur des lendemains ?







Dans le bruit sourd de la ville


Dans le bruit sourd de la ville
Retentit comme un cri ;

Un cri d'amour et de haine, de langueur et de peine,
Le bruit lourd de mes chaînes
Qui ramènent l'esprit
A mes tâches serviles.

 Viles tâches de vie
Qui s'épandent en mes veines,
Irréductibles germes
De notre insertion.

Des négations et des envies,
Il ne reste que des peines,
Irréductibles et fermes,
Comme une damnation.

 Dans le bruit sourd de la ville,
Des murmures d'incertitude ou de certitude,
Des hurlements de désespoir ou d'espoir,
Un petit "je" d'interrogation et de solitude
Promène son faciès incivil,
D'indécence dans le noir
Des nuits souveraines.







Il est cruel aujourd'hui...


Il est cruel aujourd'hui de te voir si passée,
Passée dans mon envie,
Autant qu'en cette vie
Qui restera longtemps si dure à effacer.

 Il est cruel aujourd'hui de te voir repasser
Devant l'amour fané,
D'un être condamné
A ne voir au présent qu'un bonheur trépassé.

 Au dos des séparés, que de secrets volés,
Que de mots insensés,
Qui n'auront pas assez
D'un millier d'hypocrites pour se les rappeler.

Au dos des séparés, que de baisers sans gré,
Que de vengeances amères
Qui ont de si pervers
L'intention d'une vie à manger du regret !







Prozac, Xanax, lithium...


Prozac, xanax, lithium, aspirine,
Elixirs de nos têtes orphelines,
Perdues sur la route ténébreuse
Des redoutables médecines,
S'avancent d'un pas synaptique
dans les méandres chaotiques
De nos âmes douloureuses.

Maladies malheureuses,
Patentes ou insidieuses,
Qui dans nos crânes creusent
Des abîmes d'incompréhension,
De colères, de passions,
et font naître le délétère
Sous la forme de ver.

Des gens sains ou des pervers,
Quand deux mondes forment un univers,
C'est toi mon frère incestueux,
Qui se veut, vertueux.








 

Qui aurait pu...

Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie ?
Les ambitions déchues et les vaines envies,
les choses qu'on oublie, les rêves qu'on détruit,
Les amis retrouvés, l'amitié qui s'enfuit,
Des amours délétères qui aujourd'hui sans vie,
Traversent la mémoire sans même un petit bruit ? 

Qui aurait pu me dire ce murmure dans la nuit,
Cette voix sans hauteur qui se perd sans un cri
Dans l'immense cohue de l'homme qui s'ennuie,
De l'homme qui détruit, de l'homme qui se nuit,
Qui aurait pu me dire que sur la terre on prie ?

On plonge ses regards à l'intérieur des cieux,
Son corps sale et grossier dans un bain de piété,
Et l'on croie se laver de ses impuretés,
Crimes ou passions, moult velléités,
Bien que la vérité gît au gouffre des yeux.

 Qui aurait pu me dire ce que serait ma vie,
Le béton précontraint dressé sur mon chemin,
Les regards inhumains posés sur mon prochain,
Les bras tendus des miens, les mains que l'on ravit,
La vie qui nous poursuit, la peur des lendemains ?

 



Etat de profonde béatitude...

Etat de profonde béatitude que celui de la vie qui s'écoule,
Sans autre prétention que de remplir des vides de pleine solitude.

Etat de sombres multitudes, vides de toutes aptitudes.
Etat de pleins pleins de vides ou, de vides pleins de pleins vides,
Ou de vides pleins de riens... Inanité profonde de la mort,
De notre sort à tous, de nos vies, que nous croyons si pleines,

Et pourtant, si vides !





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