Uniquement la poésie - Troisième partie -
Qui sommes nous ?
Qui sommes-nous vraiment ?
Vitrines de nos âmes,
Notre fond de commerce
A le goût de l'infâme
Inconscient qui transperce
Le polissage exaltant
Du verre,
Net et brillant comme un diamant
Factice,
...Qui ment !
Lourds rideaux ...
Lourds rideaux à peine ondulés se lèvent
Sur nos vies,
Théâtre de nos jeux, de rôles imposés,
Où crèvent les envies,
D'être ou de devenir,
Des hommes.
Chaque fois qu'une pensée, qu'un geste non mesuré,
Transperce,
Le masque peu à peu,
Progresse.
Dans un monde apprivoisé où tout paraît,
L'artiste déploie ses ailes rafistolées,
Fraîchement réparées,
Pour s'envoler,
Loin du théâtre de sa vie.
Mais, parfois blessé
De ne pouvoir ajouter
A son art la dualité, la nécessité,
Il tombe, et se désintègre.
Nu parmi la foule « humanité »,
C'est ainsi qu'il apparait,
Vile et dénaturé,
Etiqueté, épithèté,
Comme celui, à l'unanimité,
.que vous n'êtes pas !
Amours passées ...
Amours passées, guérisons subtiles,
Où notre entendement
Dans cette confusion fébrile,
Ingénieusement,
Peut-il appréhender,
Asmodée ?
Naître,
Vivre,
Guérir,
Mourir ;
Dieu régit,
Naturellement,
L'homme réagit,
Obstinément !
Voilà notre expérience,
Un lourd chaos vidé
Du poids de notre science,
Qui voulait décider,
qui a laissé la place,
Dans un mouchoir,
A cette dédicace,
De la mémoire.
Quand le temps...
Quand le temps s'obscurcit, que les feuilles d'automne Jalonnent le tapis, je n'ai plus que de l'hommeLe souvenir aigri des rêves qu'on détrône.
Quand la vie s'abrutit aux portes de l'aumône,
Quand la vie s'enlaidit aux portes de l'horreur,
je ne veux de l'humain qu'un peu de cécité,
Je ne veux de l'humain qu'un peu d'indifférence.
Ne plus rien voir, ne rien comprendre,
Ne plus rien exprimer que de l'intelligence,
Sans ombre, sans vie, sans âme,
Mourir tout simplement de cette inanition
Qui fait de la passion la sève et le poison
Mal !
Mal, loin de toi,
Je suis si mal et si nerveux,
Si amoureux de quelques voeux
Que tu conjugues à chaque fois,
Sans moi !
Mal et perdu
Dans cette sombre ville,
Perdu, tel un débile,
Qui dit qui s'est pendu,
Et que personne ne croie !
Mal, avec ce coeur déçu
Qui pleure sur ton absence,
Mais que l'on croie démence
Quand on l'a aperçu,
Et qu'il aboie !
Mal et drogué,
A faire médire les gens.
Ce n'est pas intelligent
Ce bonheur fatigué,
Qui se noie
Avec toi !
Prozac, xanax, lithium...
Prozac, xanax, lithium, aspirine,
Elixirs de nos têtes orphelines,
Perdues sur la route ténébreuse
Des redoutables médecines,
S'avancent d'un pas synaptique
dans les méandres chaotiques
De nos âmes douloureuses.
Maladies malheureuses,
Patentes ou insidieuses,
Qui dans nos crânes creusent
Des abîmes d'incompréhension,
De colères, de passions,
et font naître le délétère
Sous la forme de ver.
Des gens sains ou des pervers,
Quand deux mondes forment un univers,
C'est toi mon frère incestueux,
Qui se veut, vertueux.
Quand on a aimé...
Quand on a aimé au moins une fois,
eu le coeur blessé, l'esprit asservi,
Le corps torturé, l'âme sans envie,
On ne voit le monde plus comme autrefois.
Quand on a aimé au moins une fois,
On est plus soucieux de compréhension
Et moins désireux par obligation
De faire d'autres coeurs qui ressemblent à soi.
Quand on a aimé au moins une fois,
Qu'on est malheureux d'être abandonné,
On se sait toujours ce besoin inné
Qui complotera pour un autre roi.
Je suis si loin de vous...
Je suis si loin de vous aujourd'hui, si loin de tout,
Et si peu sûr de vous retrouver bientôt.
Je suis néant dans un monde clos,
Et j'ai si peur qu'il ne s'ouvre à vous.
Je suis si mal là dedans,
que je pense à vous très souvent,
Que rien, non rien, ne m'amuse vraiment.
J'ai hâte de retrouver mes livres
De retrouver mes amis, de revivre,
De retrouver la vie, de retrouver ma vie,
Oui, j'en ai tant envie !
Aujourd'hui comme hier,
Je n'ai fait que penser,
A toi, bien sûr, que j'ai tant désiré,
Et je me demande, si tu m'aimes vraiment,
Comme on aime un amant, ou comme un passe-temps ?
Dix huit ans; la liberté s'efface,
Un peu comme une farce,
Et tous ceux que j'aimais
Ne sont plus qu'un vain désir,
De les voir revenir, vain,
Comme de devoir partir
Un an dans une armée.
A la terrasse d'un café
A la terrasse d'un café,
Je regardais les gens qui passaient,
Ce flot de vie, de vacuité,
Dont la seule force est de sembler.
Au bruit des pas si répétés,
Absurde curiosité,
Inanité, oisiveté,
Mon regard se déportait
Sur cette foule emmaillotée
De solitude apprivoisée.
On est bien dans le calme inquiétant
De la conscience et de la multitude.
Pluies d'amour sur nos vies
Pluies d'amour sur ma vie,
Fines gouttelettes,
Bruines éthérées,
Caresses inconsistantes de l'humanité,
Que de "riens" pour combler notre inanité !
Fétu de paille tu survis,
Combats tel un athlète
ceux qui veulent t'enterrer,
Vicissitudes hébétées
A trop vouloir nous étêter.
Bonheur tu es ;
A ceux qui t'ont conspué,
qui ont voulu te tuer,
tu ne dis rien,
Tu souris,
tu te courbes,
Et cède la place
A l'autre rapace,
Subtil magicien,
Qui pourrit,
Nous embourbe,
Et nous lasse,
De tout.
On écrit rien de bon...
On n'écrit rien de bon quand on a le coeur noir.
Nos seules capacités sont dans le souvenir, le remords et la souffrance.
L'espérance est claustrée entre les murs de la réalité,
Et l'on ne croit en rien...
Le seul aboutissement après les durs moments est le délabrement
Ou la résignation.
On reprend ses dadas le coeur sous l'échafaud, et l'on se fait un monde d'apparat,
Où l'orgueil, en maître souverain, condamne les captieux élans de la véritable personnalité.
La vie est ainsi faîte qu'il ne faut pas aimer
Pour pouvoir être heureux.
L'indifférence au moins, malgré sa connotation péjorative,
A l'avantage sur les nobles sentiments d'une vertu d'airain
Qui abolit notre axe plutôt que de le détruire,
Pareil aux xylophages...
... Car l'amour, c'est cela...?
Pages blanches...
Pages blanches de nos amours passées,
Nos mémoires s'affranchissent, tendrement enlacées,
Au gouffre de l'oubli,
Le bon, le meilleur ou le pire,
Tout ça s'évanouit
Sous quelque étrange empire.
Ployant au souffle des bourrasques
Nos âmes voltigent un peu flasques,
De ci de là, dans le tourbillon fou
D'un hasard impalpable,
Qui nous mène, inexorable,
Des terres froides d'Islande au soleil de Corfou.
Lamentations d'un jour,
Exaltations du lendemain,
Train train de nos détours
Sur la vie prise en main,
Que reste t'il de nos amours,
De celles qu'on a rêvé ?
Répondez.
Cette nuit...
Cette nuit mon amie,
Le ciel sombre s'illumine
Et le monde soumis,
A l'envoûtante mine,
Déchire sans équivoque
Le voile dont tu te moques
Comme un baiser amer
Sur des lèvres adultères,
Ton don est de défaire,
De creuser dans la terre
Pour atteindre les vers.
Insidieuse ou subtile
N'est pas celui qui croit,
Par tes contours subtils
La pathétique proie !
Tu es de moi l'amie,
Comme aux centaines d'yeux
Ignorant que parmi
Dans leur pensée de feu
Certaines plutôt qu'aucune
Etaient dues à la lune.
Il aura fallu ...
Il aura fallu du temps,
Il aura fallu du courage,
De la ténacité,
Pour exhausser notre technicité,
Pareils aux pénitents,
Pour nous confronter,
Au néant.
Plus j'avance sur l'avenue,
Plus les ombres des lampadaires,
Se répandent,
Mélangeant à la lumière,
Des âmes à moitié nues,
Dubitatives mais fières,
Qui pandent,
A peine retenues,
Par la crinière,
Aux structures lapidaires,
De la terre.
Plus j'avance dans
la lumière,
Plus les ombres se font claires,
Plus les hommes se font chaire,
Plus le monde se déchire,
Pour un trop vaste empire,
De négation,
De questions,
Et de ires...
Que nécessite notre liberté ?
Que nécessite notre liberté,
Sinon un peu de rêve et d'objectivité
En quoi demeure l'égalité,
Sinon dans les mystères de nos philosophies.
Je suis né à Rio
Dans les Ghettos,
Indifférence.
Je suis né à Bordeaux,
Dans les bravos,
Indifférence.
Partout dans notre vie,
Là où je vois la liberté,
Là où grandit l'égalité,
Un vaste tourbillon,
Sombre et sale brouillon,
Détourne la vérité.
Louer dame nature...
Louer dame nature,
Oublier ses caprices,
Chanter veuve qui tisse
Dans le noir sa pâture.
Louer tout simplement la vie,
Ce cri dès la naissance,
Qui envahit,
Qui retentit;
Inde, Yougoslavie, Ethiopie !
L'amour peut-être,
La matérialité de l'être,
Cécités culturelles,
Qui semblent, paraissent,
Et de leurs mains caressent,
Nos semelles,
pour mieux avancer,
Pour mieux rancir,
Dans l'air vicié
Que l'on respire.
Le souvenir parfois...
Le souvenir parfois est un puits de regrets
Où se meurent certains soirs quelques larmes salées ;
Plus que toute autre chose il est maître à son gré
De notre axe du corps lorsqu'il est esseulé.
Le souvenir, c'est la caresse du présent,
Qui réveille en mon sein la fibre des passions,
C'est ta main sur mon coeur,
Ce replis vers demain
Qui limite les heures.
Le souvenir, c'est mes "je t'aime" qui résonnent
Dans le bilan de mes moissons,
Telles des brisures qui fusionnent,
Ou la trop vague chanson
Qu'un grand mystère actionne
Vers quelque frondaison.
Le souvenir enfin,
C'est quelque étrange besoin,
Comme celui d'un conjoint,
Qui n'a jamais de fin.
Tu m'as dis pessimisme ...
Tu m'as dis pessimisme,
Vision cruelles d'un monde
Que d'après toi l'optimisme,
De sa cervelle immonde,
Innonde.
Je ne vois pas comme toi,
Le monde,
Félicités, bourgeonnements,
Béatitudes profondes,
Qui pour toi sont roi,
Je ne sais pas comment !
Je ne vois pas comme toi,
Car mon esprit nettoie,
Geste systématique,
ces vérités qu'on croie,
Vaguement authentiques.
Certes, tu as raison,
Le monde a ses espoirs,
Mais ce n'est pas déraison
Que de ne pas y croire.
quand le temps s'obscurcit...
Quand le temps s'obscurcit, que les feuilles d'automneJalonnent le tapis, je n'ai plus que de l'hommeLe souvenir aigri des rêves qu'on détrône.
Quand la vie s'abrutit aux portes de l'aumône,
Quand la vie s'enlaidit aux portes de l'horreur,
je ne veux de l'humain qu'un peu de cécité,
Je ne veux de l'humain qu'un peu d'indifférence.
Ne plus rien voir, ne rien comprendre,
Ne plus rien exprimer que de l'intelligence,
Sans ombre, sans vie, sans âme,
Mourir tout simplement de cette inanition
Qui fait de la passion la sève et le poison