Le souvenir parfois...
Le souvenir parfois est un puits de regrets
Où se meurent certains soirs quelques larmes salées ;
Plus que toute autre chose il est maître à son gré
De notre axe du corps lorsqu'il est esseulé.
Le souvenir, c'est la caresse du présent,
Qui réveille en mon sein la fibre des passions,
C'est ta main sur mon coeur,
Ce replis vers demain
Qui limite les heures.
Le souvenir, c'est mes "je t'aime" qui résonnent
Dans le bilan de mes moissons,
Telles des brisures qui fusionnent,
Ou la trop vague chanson
Qu'un grand mystère actionne
Vers quelque frondaison.
Le souvenir enfin,
C'est quelque étrange besoin,
Comme celui d'un conjoint,
Qui n'a jamais de fin.
quand le temps s'obscurcit...
Quand le temps s'obscurcit, que les feuilles d'automneJalonnent le tapis, je n'ai plus que de l'hommeLe souvenir aigri des rêves qu'on détrône.
Quand la vie s'abrutit aux portes de l'aumône,
Quand la vie s'enlaidit aux portes de l'horreur,
je ne veux de l'humain qu'un peu de cécité,
Je ne veux de l'humain qu'un peu d'indifférence.
Ne plus rien voir, ne rien comprendre,
Ne plus rien exprimer que de l'intelligence,
Sans ombre, sans vie, sans âme,
Mourir tout simplement de cette inanition
Qui fait de la passion la sève et le poison